À l’époque, l’aérodrome de Bergerac portait encore le nom de Bergerac-Roumanière, du nom du lieu-dit sur lequel il avait été construit.
Une constante sur les terrains : les gamins et les chiens !
Le parachutisme se démocratisant vers la fin des années 80 (comprendre : pratiqué pas seulement par des militaires), les familles arrivant dans les centres ont entraîné dans leur sillage leurs marmailles et leurs chiens.
La cohabitation avec les avions n’était pas idéale, mais à cette époque les aérodromes ne ressemblaient pas à Guantánamo et demeuraient accessibles au péquin moyen.
Ainsi, à Bergerac, il y avait toujours une flopée de clebs qui arrachait ponctuellement un juron du plieur lorsque la meute passait au galop sur une voile au sol.
De tous ces canidés anonymes, l’un d’entre eux n’appartenait à personne et avait élu domicile au CERP : il s’appelait « Manière » et arborait fièrement sa robe couleur rouille de chien sans race.
Il se trouvait toujours un impétrant pour demander :
— Pourquoi il s’appelle « Manière » ?
Invariablement, on lui répondait :
— Parce qu’il est roux, Manière !