La blague du pilote

L’histoire précédente plantait le décor sur l’ambiance qui régnait. Celle-ci va un peu plus loin…

D’un naturel facétieux, j’avais pris l’habitude, lorsque le hasard me plaçait derrière le pilote, de positionner mes mains sur ses yeux et de faire :

— Coucou ! Qui c’est ?

Il s’ensuivait un moment de surprise tendue, car pour un pilote, être aveugle n’est pas une situation d’avenir.

Je vous concède que c’est très con d’agir ainsi, mais, étant pilote moi-même, je prenais soin de faire cela dans une phase de vol non critique. La surprise prenait le pas sur le risque réel encouru et confinait à la bonne blague ponctuée de rires gras.

Le parachutiste est taquin par nature, et la scène suivante le confirme.

J’ignore si j’avais fait des émules dans la plaisanterie burlesque mais, un jour d’ascension dans le Cessna 207, les sautants avaient dû faire une blague de trop au pilote, qui se trouvait être notre ami François L.

Étant au fond de l’appareil et rendu sourd par l’absence de porte, j’ignore tout des détails. Cependant, je me souviens très bien de la suite :

— Le ciel a basculé, la terre m’est apparue en haut, et nous nous sommes retrouvés tous entassés les uns sur les autres !

François L. avait « puni » les fautifs en réalisant un joli tonneau barriqué !